Le blog du Tiennou

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samedi 14 août 2010

Effet rebond, le retour

J'avais déjà parlé de l'effet rebond dans un précédent billet. Il s'agit de l'effet paradoxal selon lequel une amélioration de l'efficacité énergétique d'un produit conduit au final à une augmentation de la consommation de ressources.

Un récent rapport du commissariat général au développement durable nous apprend que la quantité de CO2 émise par la France est restée constante entre 1990 et 2007. Ceci serait dû à l'effet rebond. Notamment, un des secteurs qui augmente le plus ses rejets de CO2 est le secteur des transports. Depuis 1990, la consommation des véhicules a été réduite en moyenne de 15% et pourtant le secteur des transports a augmenté sa production de CO2 de 10%. En effet les gens parcourent des distances plus importantes. De même dans le secteur des logements, les ménagent ont agrandi la surface de leur logement.

Tout ceci nous montre que la technologie seule ne peut rien pour le problème du changement climatique. D'autres mesures contraignantes sont nécessaires pour limiter la quantité globale de CO2 rejeté.

On peut aussi s'inquiéter du respect des engagements du protocole de Kyoto qui nous imposent de réduire la quantité de CO2 de 20% en moins de 10 ans sachant qu'on a à peine réussi à contenir nos émissions en 17 ans.

La nature contre-attaque

Un peu dans le même esprit que les masses critiques qui luttent pour la reconquête de la circulation par les modes doux, on assiste depuis quelques temps à l'émergence de plusieurs mouvements qui luttent pour la reconquête de la nature sur les espaces urbains.

Les 17 et 18 septembre, le mouvement Park(ing) Day invite à investir des places de stationnement automobile pour y installer des jardins, des plantes, des oeuvres d'art, des lieux de détente et de loisir. Bref, rendre un peu de vie à des espaces morts.

Des mouvements de guerilla jardinière font également leur apparition. Ils invitent les citoyens à planter des plantes, fleurs et arbres dans des lieux publics ou privés laissés à l'abandon ou non entretenus.

J'aime bien ces mouvements de résistance pacifique face à la pression urbaine qui nous oppresse :-)

dimanche 25 juillet 2010

Différentes façons de voir le monde...

Voici un document super intéressant sur les différents courants écologistes. On voit que tout dépend de la façon dont on voit le monde et toutes nos choix dépendent ensuite de cette vision. Beaucoup de mes réflexions du moment trouvent un écho dans ce travail de recherche. Bravo, j'ai trouvé ça passionnant.

lundi 7 juin 2010

Suprgreen.com : un site d'offres d'emploi lié au développement durable

Un petit site proposant des offres d'emploi liées au développement durable : Suprgreen.com

lundi 26 avril 2010

Anniversaire de Tchernobyl

Aujourd'hui, c'est le 24ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986. Cette catastrophe a tué beaucoup de monde, continue de tuer chaque jour et continuera encore longtemps.

Pour l'occasion, j'ai participé samedi à une commémoration avec GreenPeace et quelques autres organisations à Nice. Nous avions une fausse cheminée de centrale nucléaire et nous simulions une catastrophe. Plusieurs "méchants" aux doux noms tels qu'EDF ou AREVA allaient alors toucher des personnes du public qui s'écroulaient par terre, mortes irradiées.

Pour l'occasion, je jouais le rôle du méchant AIEA qui est une organisation mondiale de propagande du nucléaire civil sous couvert de protection contre le nucléaire militaire alors que les deux sont intimement liés. L'AIEA estime ainsi dans un de ses rapports le nombre de victimes de la catastrophe de Tchernobyl à 50 là où d'autres organisations indépendantes estiment ce nombre à plusieurs dizaines voire centaines de milliers de personnes. Depuis 1959, un accord permet à l'AIEA de censurer tout résultat de recherche qui pourrait nuire à la promotion du nucléaire civil. Au plus haut niveau mondial, dès qu'il s'agit de nucléaire, on est donc dans le domaine de la propagande, bien loin de la science ou de la démocratie.

Je portais ce jour là un masque effrayant mais on a bien d'autres raisons d'avoir peur.

dimanche 18 avril 2010

Un bon film sur le danger des OGM

Greenpeace a mis en ligne un film d'animation très bien fait sur les risques liés aux principales cultures d'OGM. Ça dure 3 minutes 50 secondes, c'est vraiment à voir.

Dans la foulée, je vous invite à signer la pétition pour un moratoire sur l'introduction de cultures OGM en Europe.

vendredi 2 avril 2010

Le pic pétrolier c'est pour bientôt

Encore un article prévoyant le pic pétrolier pour bientôt. Le pic pétrolier, c'est le moment où le maximum de la production sera atteint et ne pourra plus que décliner par la suite. Si la demande ne diminue pas à ce moment là, les prix du pétrole vont exploser. Malheureusement, en ce moment et pour encore longtemps la demande explose notamment en raison des besoins des pays en voie de développement.

Spéciale dédicace à tous les gens qui achètent aujourd'hui une maison en pleine campagne à plus de 40km de leur lieu de travail : dans moins de dix ans votre maison ne vaudra plus rien et ça va vous coûter très très cher d'aller travailler. On ne pourra pas dire qu'on n'était pas prévenu...

mercredi 10 février 2010

Le thon rouge relance le débat sur la définission d'une espère menacée

Je lisais le dernier article de rue89 sur le Thon Rouge. C'est une interview et j'ai bloqué sur un "détail" qu'il fallait vraiment que je note. Voici deux citations du même homme - en début et fin d'article - Alain Fonteneau chercheur à l'Ifremer et spécialiste du sujet.

Au début de l'article, interrogé sur les capture actuelles mondiales de thon rouge :

Ses captures mondiales sont très faibles, 100 000 tonnes/an environ

A la fin de l'article, interrogé sur le stock de thons restant et sur le devenir de l'espèce :

il y en a de très nombreux dans l'Océan atlantique et la Méditerranée ! Sans doute beaucoup plus de 100 000 tonnes.

On voit donc qu'avec le même chiffre de 100 000 tonnes, notre spécialiste trouve que c'est peu en terme de pêches mais que c'est beaucoup en terme de stock. Super, on peut pêcher plein de thon rouge puisqu'il en reste sans doute au moins pour une saison de pêche...

mercredi 23 décembre 2009

Lave-vaisselle ou vaisselle à la main

Un sujet qui revient bien souvent à propos des petits gestes du quotidien pour l'environnement, c'est le débat : vaut-il mieux laver la vaisselle au lave-vaisselle ou à la main ? C'est l'objet d'un article du monde par Terra Eco qui compare la consommation d'eau, la consommation d'énergie, l'efficacité et l'impact sur l'environnement.

Ce genre de comparaison est toujours périlleuse car dans un cas comme dans l'autre les disparités sont grandes au niveau des appareils et des comportements. C'est d'ailleurs un peu le sens de la conclusion de l'article qui ne tranche pas vraiment même s'il semble plutôt en faveur du lave-vaisselle pour la consommation d'eau.

J'ai plusieurs critiques à formuler à propos de cet article et de beaucoup du même genre :

  • l'étude n'analyse pas tout le cycle de vie, on n'évoque même pas l'impact de la fabrication+commercialisation du lave-vaisselle. Pourtant, si on se fie à plusieurs études réalisées pour d'autres types de produits comme les voitures ou les ordinateurs, on tombe à peu près toujours sur des ordres de grandeur indiquant que la fabrication du produit représente 40% de l'impact environnemental du produit sur l'ensemble de sa vie. C'est tout à fait non-négligeable mais on n'en parle pas.
  • au niveau des consommations d'eau, d'énergie, etc. pour le lave vaisselle, on utilise la plupart du temps les données constructeur qui sont bien souvent loin de la réalité. Ainsi, les consommations indiquées par le constructeur sont en général à son avantage pour un programme particulier, avec un appareil neuf dans des conditions obtimales (dureté de l'eau, saleté de la vaisselle, etc.)
  • l'article ne fait pas d'analyse en utilisation réelle qui peut changer les choses : le lave-vaisselle est-il toujours plein quand on le lance ? On réalise souvent qu'on ne peut pas tout passer au lave-vaisselle et qu'on doit laver certaines choses à la main (plats, verres fragiles, etc.)
  • aucune information sur l'impact environnemental/social : bruit du lave-vaisselle, espace occupé dans la cuisine, etc.
  • l'article parle du temps économisé par le lave-vaisselle : 20 minutes en moyenne pour 12 couverts. Si on compte 12 couverts par jour pour une famille, on pourrait penser que la famille économise 20 minutes/jour. Pour avoir un calcul plus près de la réalité, il faudrait aussi prendre en compte le temps de remplir/vider le lave-vaiselle, le temps de laver ce qui ne passe pas au lave-vaisselle et considérer que pour un lave-vaisselle à 300€, il faut travailler 43h pour une personne payée au SMIC.

A côté de ça, on trouve des articles basés sur l'expérience personnelle et une réflexion sur nos modes de vie qui apportent beaucoup de compléments.

Si le lave-vaisselle peut présenter des avantages dans certains cas, je suis plutôt pour la vaisselle à la main en prenant garde de ne pas gaspiller. Ainsi, on se rend mieux compte de sa consommation d'eau, on évite d'encombrer son appartement avec un nouvel appareil électrique, on a besoin de moins de vaisselle, etc.

mardi 22 décembre 2009

Des conséquences de notre consommation

Notre consommation effreinée de produits en tout genre, notamment de produits électroniques a de graves conséquences pour le monde. Tout d'abord des conséquences environnementales avec une raréfaction des matières premières, une forte consommation d'énergie pour la production et le transport des marchandises, etc. mais aussi des conséquences sociales et humaines. Notre consommation est directement responsable d'une grande partie des guerres dans le monde et de la destruction des milieux naturels dans lesquels vivent des populations qui n'ont plus d'autre choix que d'accepter d'être exploités par des groupes armés ou des multinationales.

Le film "The story of stuff" explique très simplement et presque de manière amusante toute cette chaine de conséquences. Il est téléchargeable gratuitement et légalement mais il vaut mieux parler anglais pour en profiter pleinement.

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, le rapport "From mine to mobile phone" de l'ONG Enough Project détaille les différentes étapes de l'extraction de minerais jusqu'à leur utilisation dans les produits électroniques que nous consommons couramment. Elle explique par la même occasion notre part de responsabilité dans les conflits au Congo et les conditions de vie des habitants de cette partie de l'Afrique.

Parmi les mesures que nous pouvons prendre à notre niveau, on peut citer :

  • consommer moins : s'interroger sur nos besoins et sur la réelle utilité d'acquérir de nouveaux produits ;
  • consommer mieux : acheter les produits qui ont l'impact environnemental et social le plus faible ;
  • s'informer : pour pouvoir consommer mieux, il est nécessaire de faire preuve d'esprit critique et de faire l'effort de partir à la pêche aux informations pour faire les choix les plus éclairés ;
  • soutenir les actions en faveur de plus de transparence sur l'origine des produits que nous consommons et sur la réduction de leurs impacts.

mercredi 2 décembre 2009

Climat : qui va payer l'addition

Une très belle vidéo sur les conséquences de notre mode de vie :

Piqué sur le blog d'Alain Caraco dont le blog est très intéressant

dimanche 1 novembre 2009

Les services funéraires se mettent au vert

En ce jour de Toussaint, un billet de circonstance pour noter que petit à petit les services funéraires aussi se mettent au vert avec des cercueils en bois ou en carton pour les services de crémation, des services d'entretien des tombes à distance, des urnes funéraires en cheveux de coco, etc.

Penser écologie est une manière de vivre... même après la mort. Pensons aux générations futures, ne partons pas en leur laissant des cadeaux empoisonnés.

L'article sur Nice Matin qui a inspiré ce billet.

lundi 12 octobre 2009

Le 24 octobre n'oubliez pas « le jour de la nuit »

Le samedi 24 octobre, n'oubliez pas « le jour de la nuit ». Cette manifestation vise à sensibiliser la population aux dangers de la pollution lumineuse. Outre la problématique des économies d'énergies à réaliser, n'imaginez pas que le problème de la pollution lumineuse se résume à une poignée d'astronomes que la pollution lumineuse empêcherait de s'adonner à leur hobby. La pollution lumineuse est un vrai problème, un problème qui tue des animaux et des hommes.

De plus, c'est un problème qui s'accentue sans commune mesure avec l'augmentation de la population ni même du niveau de vie. En France, en dix ans le nombre de points lumineux a augmenté de 30% ! Ci-dessous, voici deux photos de la terre de nuit en 1970 puis en 2005.

Photo de notre globe de nuit en 1970

Photo de notre globe de nuit en 2005

Pour revenir à l'opération « le jour de la nuit », on peut regretter que dans notre région il n'y ait que deux opérations :

  • à Cagnes-sur-Mer : Extinction de l'éclairage du Château Musée du Haut de Cagnes et Eglise du Cros de Cagnes. Montage d'un Planétarium pour les enfants. Diffusion du Film 'le jour où la nuit s'arrêtera"
  • à Eze : Observations du ciel à  l'œil nu et aux télescopes, séances de planétarium, projection de vidéos, conférence "Les observations de Galilée", exposition

lundi 14 septembre 2009

Respectez l'ordre des 3R

Avec la vague écologique, on parle de plus en plus du problème des déchets et de la politique des 3R :

  1. Réduire
  2. Réutiliser
  3. Recycler

Malheureusement quand on parle de déchets, la première chose dont on entend parler c'est de recyclage. Le recyclage est un aspect important du traitement des déchets mais il faut arrêter de croire que c'est l'aspect prioritaire voire la solution miracle. Si les tâches peuvent et doivent s'effectuer en parallèle, il faut malgré tout considérer les 3R dans l'ordre de priorité défini ci-dessus. Recycler sans réduire le nombre de déchets c'est s'évertuer à remplir un puits sans fond et réutiliser est souvent bien plus économe en énergie que de recycler.

De même, quand on parle d'énergie, on n'entend parler que des moyens de production : nucléaire, énergies renouvelables, etc. Gardons à l'esprit que la seule énergie propre est celle que l'on ne consomme pas. Toutes les sources d'énergie, renouvelables ou pas, présentent des effets pervers à grande échelle. De plus, à l'heure actuelle et pour encore plusieurs générations, aucune source d'énergie n'est capable de supporter notre consommation effrénée durablement. C'est d'autant plus vrai que le niveau de vie des pays émergents se rapproche du niveau de vie des pays occidentaux.

Dans tous les cas, la priorité devrait être la sobriété. La bonne nouvelle est que le retour sur investissement est en général bien plus important pour une politique visant la sobriété que pour une politique visant à produire (pour l'énergie) ou à retraiter (pour les déchets) différemment. À titre d'exemple voici un extrait de « Pour sauver la planète sortez du capitalisme » d'Hervé Kempf :

[...] après le choc pétrolier de 1973. Un pays comme la France a alors engagé une double politique d'économie d'énergie et de développement du nucléaire. Le ministère de l'Industrie en a tiré le bilan en 1987 : 100 milliards de francs (15 milliards d'euros) investis à cette date dans les économies d'énergie ont permis de réduire de 34 millions de tonnes par an les importations de pétrole, 500 milliards de francs investis dans le nucléaire ont réduit l'importation de 56 millions de tonnes. Cela signifie que les économies d'énergie sont trois fois plus rentables que l'énergie nucléaire.

Mon calendrier écolo de la rentrée

Pas mal de rendez-vous autour du thème de l'écologie prévus pour la rentrée :

mercredi 9 septembre 2009

ToutAllantVert.com : un site écolo qu'il a l'air bien

Je voulais juste noter ici l'adresse du site ToutAllantVert.com qui vend des articles respectueux de l'environnement. À la différence de nombreux autres sites du même genre, une vraie réflexion sur les produits présentés est menée. On peut voir un exemple de réflexion/enquête avec un article très fouillé sur les poêles soi-disant écologiques écrit par David, un co-fondateur du site et rédacteur pour le très bon site Ecolo-info.

Nettoyons la nature

Le groupe E. Leclerc organise l'opération "Nettoyons la nature" qui est une gigantesque opération de ramassage des déchets. Dans les Alpes Maritimes, l'association Méditerranée 2000 prend part à l'opération en proposant de nettoyer le site de la Croix des Gardes à Cannes et la Pointe de l'Aiguille à Théoule-sur-Mer.

Particulièrement sensible au problème des déchets, je suis le premier à ramasser des ordures qui pourraient trainer dans la nature. Pourtant je suis assez partagé sur ce type d'initiative. D'un côté on nettoie des sites pollués et on permet la valorisation d'une partie des déchets, d'un autre côté je me pose la question de savoir si tout ça n'est pas contre-productif.

Si des bénévoles ne ramassaient pas ces déchets, que feraient les communes concernées ? Laisseraient-elles des sites touristiques complètement pollués ? N'organiseraient-elles pas elles-mêmes un nettoyage ? Ce nettoyage coûtant très cher, n'essaieraient-elles pas de limiter le rejet de ces déchets par des actions de sensibilisation ou de répression ?

Ce que j'essaie de dire c'est qu'en nettoyant la nature, on ne prend pas le problème à la base. On essaie de remplir d'eau un tonneau percé. La priorité n'est pas de remplir le tonneau mais bien de boucher le trou. En soulageant les autorités locales d'une partie du fardeau de nettoyage de leurs sites naturels, j'ai peur qu'on ne néglige la correction du problème à la source en se disant que de toute façon le site sera nettoyé tous les ans par des bénévoles.

Je ne crois pas au pouvoir de sensibilisation d'une telle opération car ceux qui ramassent ne sont pas ceux qui jettent et voir des gens ramasser les déchets a au moins autant un effet légitimant le fait de jeter qu'un effet responsabilisant. Du coup, je ne participerai pas à l'opération telle qu'elle est organisée maintenant. Je participerai à une action de ce type uniquement si parallèlement des actions de sensibilisation ou de repression sont mises en place. Malheureusement sans ça, cette action perd un peu de son sens.

Le mégot de cigarette : un déchet dangereux

Parmi les quelques trucs qui m'agacent chez une grande majorité de fumeurs, on peut citer le fait de jeter négligemment son mégot par terre. Cet acte peut paraitre anodin et pourtant...

  • un mégot met 1 à 12 ans à se dégrader dans la nature
  • un mégot ne comprend pas moins de 4000 molécules toxiques dont 50 cancérigènes (nicotine, acétone, ammoniac, arsenic, benzène, nickel, polonium 210, plutonium 240, goudrons, etc.)
  • un mégot peut polluer aux métaux lourds huit litres d'eau ou un mètre cube de neige
  • un mégot peut tuer un poisson dans un litre d'eau en moins d'une centaine d'heures
  • les mégots obstruent les filtres d'évacuation d'eau des stations d'épuration

Maintenant pensez que :

  • En France, 57 millions de mégots, soit 13 tonnes de déchets, sont jetés au sol chaque jour
  • 1/3 des déchets retrouvés sur les plages sont des mégots. Seule une faible part de ces mégots a été jetée sur la plage, la majorité a été jetée en ville puis a été emportée par les cours d'eau jusqu'à la mer.
  • A la fin d'une saison de ski, on retrouve 40000 mégots sous chaque télésiège
  • Les oiseaux prennent les mégots pour de la nourriture ou les utilisent pour construire leur nid
  • Les animaux domestiques et les jeunes enfants sont susceptibles de jouer avec et d'ingurgiter les mégots qui trainent par terre

Sachant cela, j'invite tous les fumeurs à jeter leur mégot à la poubelle et à toujours garder avec eux un cendrier de poche pour les cas où ils n'ont pas de poubelle à proximité immédiate. Un simple petit sachet plastique dans un paquet de cigarette peut faire office de cendrier de poche.

Les données utilisées dans cet article peuvent varier suivant les sources mais les ordres de grandeur sont toujours les mêmes. J'ai principalement utilisé les chiffres trouvés sur le site de Philippe Dorthe et sur le site univers-nature.com (qui présentent plus de détails sur leurs sources).

jeudi 6 août 2009

L'effet rebond

Je voudrais introduire dans ce billet un concept fondamental lorsqu'on s'intéresse à l'environnement : l'effet rebond. Dans le cadre de l'écologie, l'effet rebond est le fait que la diminution de la consommation de ressources par individu entraine une augmentation de la consommation globale.

L'idée n'est pas neuve, Jevons l'introduit dès 1865 après avoir observé que la consommation anglaise de charbon a fortement augmenté après que James Watt a produit une machine à vapeur bien plus efficace que les machines existantes. Cette machine a vapeur a fait du charbon une source d'énergie plus rentable qui a permis d'en généraliser l'usage et d'en augmenter la consommation.

L'exemple le plus flagrant est celui de l'automobile : le paradoxe de la voiture propre. Depuis 30 ans, la consommation des automobiles a beaucoup diminué et pourtant la consommation d'essence globale a augmenté beaucoup plus vite que celle du nombre de voitures. Le fait qu'une voiture consomme moins d'essence peut être compensé de deux façons :

  • soit vous roulez plus pour le même prix et donc vous consommez finalement autant d'essence
  • soit cette diminution de consommation d'essence vous fait économiser de l'argent que vous pouvez dépenser pour d'autres activités consommatrices de pétrole (voyages, consommation de biens courants, etc.)
Cette compensation suite à la disparition d'une limite est rarement linéaire et se traduit souvent par une sur-compensation (cf postulat de Khazzoom-Brookes) :
  • L'amélioration de l'efficacité énergétique rend l'énergie utilisée relativement meilleur marché et donc en augmente la consommation.
  • Si l'augmentation de l'efficacité énergétique fait sauter un goulot d'étranglement, la consommation d'énergie de tous les services qui étaient limités augmente. Un exemple simple serait une agglomération limitée par son approvisionnement en eau ; si les maisons existantes réduisent leur consommation d'eau de moitié, l'agglomération peut doubler, induisant une augmentation de la consommation d'énergie, de transports etc.
C'est un phénomène à garder à l'esprit en permanence en matière d'écologie car il signifie qu'on ne peut pas réduire la consommation d'énergie par le seul progrès technologique. Pour chaque amélioration de l'efficience énergétique qu'on encourage, il faut créer un mécanisme permettant d'orienter l'économie réalisée vers une activité non consommatrice d'énergie.

Indice carbone sur les produits Casino

Sur les quelques produits de marque Casino que j'ai achetés récemment, j'ai remarqué qu'il était affiché sur l'emballage un « indice carbone » du produit. J'ai donc décidé de regarder sur le site Casino associé pour en savoir plus.

La démarche est intéressante, ils tentent d'évaluer la pollution générée par la commercialisation de leurs produits en équivalents carbone. C'est bien fait parce que ça prend en compte tous les stades du cycle de vie du produit. De plus, ça ne prend pas en compte que les rejets de CO2 mais l'ensemble des rejets ensuite exprimés en équivalent CO2 (par exemple un 1g de méthane contribue autant au réchauffement climatique que 20g de CO2). Par contre ça ne prend en compte que les dégâts environnementaux au niveau de l'effet de serre (ça ne tient pas compte des pollutions chimiques, de l'impact sur la biodiversité, etc.).

La mode de calcul est toujours perfectible mais c'est déjà une bonne chose d'avoir un indicateur de base pour voir si les produits Casino font des progrès dans le temps et pour avoir un ordre de grandeur de l'impact de notre consommation sur le réchauffement climatique en fonction des différents produits.

Pour certains produits, la pollution générée par les différents stades du cycle de vie du produit n'est pas détaillée pour chacun de ces stades. Pourtant, je ne vois pas comment on peut arriver à un total de pollution sans avoir ces chiffres... À la limite sur certains produits, des étapes sont regroupées et ça peut avoir un sens.

La chose qui m'a le plus choqué reste la présentation de cet indice que je trouve presque mensongère tellement c'est peu clair. Si on prend par exemple un pack de « yaourts vanille au lait entier x8 », on peut voir un petit logo « indice carbone 255g de CO2 » et sur un paquet de « knacks x 4 », un petit logo « indice carbone 1025g de CO2 ». On pourrait donc penser que le paquet de « Knacks x 4 » est beaucoup plus polluant que le pack de « yaourts vanille au lait entier x8 » : c'est faux. L'indice carbone est indiqué en « grammes équivalent CO2 pour 100g de produit ». Ramené au poids de chaque produit, on constate qu'en fait le pack de « yaourts vanille au lait entier x8 » génère 2550g équivalents CO2 et le paquet de « knacks x 4 » génère 1435g équivalents CO2.

Le fait de comparer les indices carbone de chaque produit pour une même masse (100g) peut avoir un sens mais seulement si c'est indiqué clairement. Le fait que le calcul soit ramené à 100g de produit n'est indiqué que sur le site internet et pas sur les emballages alors qu'il aurait été simple de marquer « 55g éq CO2/100g » au lieu de « 55g CO2 ».

Si vous voulez vous amuser à faire le bilan carbone de vos courses, n'oubliez donc pas de tenir compte du poids de chaque produit. N'oubliez pas non plus d'ajouter la pollution liée à votre déplacement. Pour ordre de grandeur, 1L d'essence génère environ 2kg de CO2 donc une voiture qui fait du 8L/100km rejette 160g de CO2/km. Notre paquet de huit yaourts vanille représente ainsi l'équivalent de 16km de voiture.

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