Le blog du Tiennou

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mercredi 9 septembre 2009

Le mégot de cigarette : un déchet dangereux

Parmi les quelques trucs qui m'agacent chez une grande majorité de fumeurs, on peut citer le fait de jeter négligemment son mégot par terre. Cet acte peut paraitre anodin et pourtant...

  • un mégot met 1 à 12 ans à se dégrader dans la nature
  • un mégot ne comprend pas moins de 4000 molécules toxiques dont 50 cancérigènes (nicotine, acétone, ammoniac, arsenic, benzène, nickel, polonium 210, plutonium 240, goudrons, etc.)
  • un mégot peut polluer aux métaux lourds huit litres d'eau ou un mètre cube de neige
  • un mégot peut tuer un poisson dans un litre d'eau en moins d'une centaine d'heures
  • les mégots obstruent les filtres d'évacuation d'eau des stations d'épuration

Maintenant pensez que :

  • En France, 57 millions de mégots, soit 13 tonnes de déchets, sont jetés au sol chaque jour
  • 1/3 des déchets retrouvés sur les plages sont des mégots. Seule une faible part de ces mégots a été jetée sur la plage, la majorité a été jetée en ville puis a été emportée par les cours d'eau jusqu'à la mer.
  • A la fin d'une saison de ski, on retrouve 40000 mégots sous chaque télésiège
  • Les oiseaux prennent les mégots pour de la nourriture ou les utilisent pour construire leur nid
  • Les animaux domestiques et les jeunes enfants sont susceptibles de jouer avec et d'ingurgiter les mégots qui trainent par terre

Sachant cela, j'invite tous les fumeurs à jeter leur mégot à la poubelle et à toujours garder avec eux un cendrier de poche pour les cas où ils n'ont pas de poubelle à proximité immédiate. Un simple petit sachet plastique dans un paquet de cigarette peut faire office de cendrier de poche.

Les données utilisées dans cet article peuvent varier suivant les sources mais les ordres de grandeur sont toujours les mêmes. J'ai principalement utilisé les chiffres trouvés sur le site de Philippe Dorthe et sur le site univers-nature.com (qui présentent plus de détails sur leurs sources).

jeudi 6 août 2009

L'effet rebond

Je voudrais introduire dans ce billet un concept fondamental lorsqu'on s'intéresse à l'environnement : l'effet rebond. Dans le cadre de l'écologie, l'effet rebond est le fait que la diminution de la consommation de ressources par individu entraine une augmentation de la consommation globale.

L'idée n'est pas neuve, Jevons l'introduit dès 1865 après avoir observé que la consommation anglaise de charbon a fortement augmenté après que James Watt a produit une machine à vapeur bien plus efficace que les machines existantes. Cette machine a vapeur a fait du charbon une source d'énergie plus rentable qui a permis d'en généraliser l'usage et d'en augmenter la consommation.

L'exemple le plus flagrant est celui de l'automobile : le paradoxe de la voiture propre. Depuis 30 ans, la consommation des automobiles a beaucoup diminué et pourtant la consommation d'essence globale a augmenté beaucoup plus vite que celle du nombre de voitures. Le fait qu'une voiture consomme moins d'essence peut être compensé de deux façons :

  • soit vous roulez plus pour le même prix et donc vous consommez finalement autant d'essence
  • soit cette diminution de consommation d'essence vous fait économiser de l'argent que vous pouvez dépenser pour d'autres activités consommatrices de pétrole (voyages, consommation de biens courants, etc.)
Cette compensation suite à la disparition d'une limite est rarement linéaire et se traduit souvent par une sur-compensation (cf postulat de Khazzoom-Brookes) :
  • L'amélioration de l'efficacité énergétique rend l'énergie utilisée relativement meilleur marché et donc en augmente la consommation.
  • Si l'augmentation de l'efficacité énergétique fait sauter un goulot d'étranglement, la consommation d'énergie de tous les services qui étaient limités augmente. Un exemple simple serait une agglomération limitée par son approvisionnement en eau ; si les maisons existantes réduisent leur consommation d'eau de moitié, l'agglomération peut doubler, induisant une augmentation de la consommation d'énergie, de transports etc.
C'est un phénomène à garder à l'esprit en permanence en matière d'écologie car il signifie qu'on ne peut pas réduire la consommation d'énergie par le seul progrès technologique. Pour chaque amélioration de l'efficience énergétique qu'on encourage, il faut créer un mécanisme permettant d'orienter l'économie réalisée vers une activité non consommatrice d'énergie.

Indice carbone sur les produits Casino

Sur les quelques produits de marque Casino que j'ai achetés récemment, j'ai remarqué qu'il était affiché sur l'emballage un « indice carbone » du produit. J'ai donc décidé de regarder sur le site Casino associé pour en savoir plus.

La démarche est intéressante, ils tentent d'évaluer la pollution générée par la commercialisation de leurs produits en équivalents carbone. C'est bien fait parce que ça prend en compte tous les stades du cycle de vie du produit. De plus, ça ne prend pas en compte que les rejets de CO2 mais l'ensemble des rejets ensuite exprimés en équivalent CO2 (par exemple un 1g de méthane contribue autant au réchauffement climatique que 20g de CO2). Par contre ça ne prend en compte que les dégâts environnementaux au niveau de l'effet de serre (ça ne tient pas compte des pollutions chimiques, de l'impact sur la biodiversité, etc.).

La mode de calcul est toujours perfectible mais c'est déjà une bonne chose d'avoir un indicateur de base pour voir si les produits Casino font des progrès dans le temps et pour avoir un ordre de grandeur de l'impact de notre consommation sur le réchauffement climatique en fonction des différents produits.

Pour certains produits, la pollution générée par les différents stades du cycle de vie du produit n'est pas détaillée pour chacun de ces stades. Pourtant, je ne vois pas comment on peut arriver à un total de pollution sans avoir ces chiffres... À la limite sur certains produits, des étapes sont regroupées et ça peut avoir un sens.

La chose qui m'a le plus choqué reste la présentation de cet indice que je trouve presque mensongère tellement c'est peu clair. Si on prend par exemple un pack de « yaourts vanille au lait entier x8 », on peut voir un petit logo « indice carbone 255g de CO2 » et sur un paquet de « knacks x 4 », un petit logo « indice carbone 1025g de CO2 ». On pourrait donc penser que le paquet de « Knacks x 4 » est beaucoup plus polluant que le pack de « yaourts vanille au lait entier x8 » : c'est faux. L'indice carbone est indiqué en « grammes équivalent CO2 pour 100g de produit ». Ramené au poids de chaque produit, on constate qu'en fait le pack de « yaourts vanille au lait entier x8 » génère 2550g équivalents CO2 et le paquet de « knacks x 4 » génère 1435g équivalents CO2.

Le fait de comparer les indices carbone de chaque produit pour une même masse (100g) peut avoir un sens mais seulement si c'est indiqué clairement. Le fait que le calcul soit ramené à 100g de produit n'est indiqué que sur le site internet et pas sur les emballages alors qu'il aurait été simple de marquer « 55g éq CO2/100g » au lieu de « 55g CO2 ».

Si vous voulez vous amuser à faire le bilan carbone de vos courses, n'oubliez donc pas de tenir compte du poids de chaque produit. N'oubliez pas non plus d'ajouter la pollution liée à votre déplacement. Pour ordre de grandeur, 1L d'essence génère environ 2kg de CO2 donc une voiture qui fait du 8L/100km rejette 160g de CO2/km. Notre paquet de huit yaourts vanille représente ainsi l'équivalent de 16km de voiture.

Le blog "mieux-consommer"

Un site que je viens de découvrir : le blog http://blog.mieux-consommer.fr. Il propose plein d'informations originales sur l'écologie. C'est une sorte de blog pour les geeks écolo.

lundi 3 août 2009

Cannes déroule son plan d'actions pour la planète

Depuis quelques temps, Cannes communique beaucoup sur son plan d'actions pour la planète baptisé Cannes21. Je me méfie un peu de ces annonces en fanfare à grand renfort de publicité mais j'ai décidé de regarder de plus près quelles étaient les mesures prises par la ville de Cannes en matière d'environnement.

J'avoue, j'ai été agréablement surpris, je trouve leur plaquette remarquable. Elle aborde de nombreux domaines. Elle est très claire, didactique et propose des échéances pour chacune des mesures. Évidemment, il faudra voir ce que ça donne en pratique mais je l'interprète comme un engagement fort de la mairie en faveur de l'environnement et du développement durable : c'est une très bonne chose.

Concrètement, j'ai déjà pu remarquer les nouveaux parkings vélo qui ont fleuri un peu partout en centre ville et qui faisaient cruellement défaut. Ma seule frustration concernant ce plan est de ne pas être Cannois pour pouvoir m'inscrire au forum participatif. J'essaierai quand même de suivre un peu les débats. En attendant, je vous invite tous à lire et à suivre ces quelques conseils simples.

samedi 1 août 2009

Pour ou contre l'autolib'

Ça y est, le projet Autolib' est en route à Paris. L'Autolib' c'est comme le Vélib' mais pour la voiture. Tu prends une voiture sur une borne et tu la déposes sur une autre borne. Le but de ce service est de se substituer à l'achat d'une voiture personnelle pour les « petits » utilisateurs de voiture.

Au début, je me suis dit que c'était chouette : ça permet de diminuer le nombre de voitures personnelles (et la dépendance qui en découle, j'en reparlerai) et ça va dans le sens de ce que préconise notamment la Fondation Nicolas Hulot de passer d'une économie d'achat/possession à une économie d'usage pour augmenter la durabilité des produits et réduire la production.

Puis j'ai lu que les verts avaient voté contre alors j'ai cherché pourquoi. Après avoir lu leur argumentaire contre l'Autolib', je suis entièrement d'accord avec eux. Ils favorisent le principe de l'autopartage et effectivement il comporte beaucoup d'avantages par rapport à l'Autolib'.

Avantages de l'autopartage par rapport à l'Autolib' :

  • il résout le problème constaté lors des expérimentations précédentes de mauvaise répartition des voitures sur les différentes bornes ce qui avait engendré l'emploi de jokeys et la multiplications des trajets inutiles.
  • il nécessite un investissement réduit (pas de bornes spécifiques juste des places de parking)
  • facilité de gestion : de nombreuses sociétés privées se développent sur ce principe, la ville n'a pas à gérer ce service mais à simplement favoriser son développement par ces sociétés. Notamment, l'autopartage ne nécessite pas la constitution d'un syndicat intercommunal.
  • payant l'occupation de la voiture jusqu'à son retour au point de départ, il est peu adapté au trajet domicile-travail. Il favorise l'usage des transports en commun et des moyens de transport doux (vélo, marche à pied) pour ce trajet. Il relègue la voiture à des trajets occasionnels pour lesquels les transports précédents sont mal adaptés (transport de charges, déplacement dans des zones mal desservies par les transports en commun, etc.). Il me parait parfaitement complémentaire des transports en commun et transports doux alors que l'Autolib' pourrait plus facilement se positionner en moyen de substitution.
Avantages de l'Autolib' par rapport à l'autopartage :
  • maitrise du système de bout en bout ce qui permet notamment de constituer un parc de voitures purement électriques.
Le sentiment que j'en ai est que l'autopartage marche bien, il profiterait éventuellement d'un coup de pouce de la mairie pour se développer plus rapidement mais l'Autolib' n'apporte au mieux rien de significatif, coûtera très cher et complexifie à outrance la gestion du système. Pour moi, le projet n'a été voté que parce qu'en étant entièrement contrôlé par la mairie il pourra servir de faire-valoir électoral à Bertrand Delanoë. Attention, si le projet se révèle outrageusement cher et nuisible au niveau environnemental il pourrait déservir ses supportaires. Ironiquement le système d'autopartage de Lyon s'appelle Autolib'...

Les sacs plastiques vont disparaître de la ville de Saint-Denis

Voilà une bonne mesure prise par la ville de Saint-Denis. Maintenant que les grandes surfaces ne donnent plus de sacs plastiques aux caisses mais utilisent des sacs réutilisables, la lutte contre les sacs plastiques jetables peut continuer un cran plus loin : supprimer les sacs plastiques distribués au marché et dans les petits commerces.

En pratique, je suis curieux de savoir comment cela va se passer. Pour les sacs distribués dans les commerces, on va certainement passer au même système de sacs réutilisables que dans les grandes surfaces mais pour les sacs sur le marché va-t-on utiliser un sac réutilisable pour ses tomates, un pour ses radis, un pour ses carottes, etc ?

J'achète mes fruits et légumes au marché ou à des maraichers locaux. La première fois, j'ai pris les sacs en papier qu'on m'a donné au marché. Je les ai gardé et j'utilise toujours les mêmes sacs d'une semaine sur l'autre. Je mets le tout dans un gros sac de transport que j'amène également moi-même.

Théoriquement il serait possible de faire la même chose au marché de Saint-Denis mais je ne sais pas si tout le monde serait prêt à jouer le jeu d'amener un grand sac plastique et dix petits sacs papier dès qu'il va au marché. Admettons, c'est tout à fait faisable.

Par contre, ça devient un peu plus compliqué en grande surface où il faut peser soi-même les différents produits et coller une étiquette sur les sacs.

Affaire Voltalis-EDF

J'ai eu bien du mal à comprendre l'affaire Voltalis-EDF. L'article le mieux rédigé sur ce problème est à mon sens celui de l'Expansion mais même là j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois et consulter beaucoup d'autres sources.

Voltalis est une société qui pratique ce qu'on appelle « l'effacement diffus ». Concrêtement, elle place des boîtiers chez les consommateurs qui permettent de couper à distance et en temps réel certains appareils électriques, notamment en cas de pics de charge. En cas de pic de charge, le boîtier pourrait donc par exemple couper le chauffage pendant un quart d'heure chez des particuliers pour éviter d'allumer une centrale thermique permettant de faire face au pic.

Les premiers articles dans la presse parlaient du fait qu'EDF demandait réparation à Voltalis pour le manque à gagner du fait de la baisse de consommation de ses clients. À l'heure où l'on encourage les économies d'énergies, cette version des faits parait effectivement bien choquante. En approfondissant un peu, on découvre comme bien souvent que les choses sont plus compliquées qu'il n'y parait. D'abord, la requête ne vient pas directement d'EDF mais de la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE).

Je vais reprendre l'exemple du magasine l'Expansion en détaillant encore un peu plus pour expliquer ce qui se passe exactement. A un instant T, les deux fournisseurs d'électricité EDF et Poweo estiment chacun que la demande de leurs clients sera de 50 mégawatts. Mais soudain, la température chute. La demande en électricité s'emballe, et les clients de Poweo consomment 60 MW. Sans boîtier Voltalis, les clients d'EDF consommeraient également 60MW et il faudrait donc augmenter la production d'électricité d'une centrale électrique pour produire les 20MW supplémentaires consommés par Poweo et EDF. Heureusement, nous sommes sauvés, les clients d'EDF utilisent des boîtiers Voltalis qui coupent certains appareils électriques chez les clients d'EDF. La consommation des clients d'EDF chute à 40MW. EDF continue de produire 50MW et RTE, le gestionnaire du réseau qui gère l'offre et la demande entre les différents fournisseurs d'énergie, peut donc revendre les 10MW excédentaires d'EDF à Powéo. On n'a plus besoin de produire 20MW de plus, cette énergie a été économisée par les clients d'EDF pour faire face à la consommation des clients de Poweo.

Au niveau des rémunérations, on a donc Poweo qui paie à RTE les 10MW supplémentaires que RTE lui founit (plus une surtaxe de reroutage d'électricité). RTE paie Voltalis pour les 10MW économisés et qu'il a ainsi pu revendre à Poweo. Le problème vient du fait qu'EDF continue de produire 50MW mais que ses clients ne lui paient plus que 40MW. La question qui a été posée à la CRE est donc de savoir qui paie la différence à EDF ?

  • Pour Voltalis, c'est Poweo qui doit payer les 10MW à EDF puisque c'est lui qui consomme l'électricité. Ça veut dire que ces 10MW deviennent très cher puisqu'il faut les payer à la fois à Voltalis (pour l'économie), à EDF (pour la production) et une prime de reroutage à RTE.
  • Pour la CRE, c'est Voltalis qui doit payer à EDF pour ces 10MW. C'est ce que critique Voltalis car cette décision met à mal son business model : au lieu de toucher les revenus de 10MW pleins, ils ne toucheraient plus que la différence entre les 10MW vendus à Poweo au moment du pic (peut-être un peu plus chers, à un tarif « pic ») et les 10MW rachetés à EDF (au tarif normal).

La CRE justifie sa décision par le fait qu'il serait injuste que l'effaceur touche plus que le producteur. D'un côté, il est vrai que les effaceurs n'existeraient pas sans les producteurs et le fait que leur production soit constante donc il parait normal qu'ils ne touchent pas leurs revenus au détriment de ces derniers. D'un autre côté, d'un point de vu écologique, il est plus intéressant de payer pour faire chuter la consommation globale. C'est ce qu'essaie de faire valoir Voltalis.

Actuellement la loi va dans le sens de la décision de la CRE car elle oblige un fournisseur qui déleste une certaine quantité d'énergie à reprendre cette même quantité d'énergie par la suite pour ré-équilibrer le réseau. Cette loi a été créée pour que les fournisseurs d'énergie facent des échanges équilibrés mais elle n'est pas adaptée au cas des effaceurs qui peuvent produire (=économiser sur la base d'une production constante) mais qui ne peuvent pas consommer. Le gouvernement a donc mis en place un groupe de travail visant à fixer un cadre réglementaire favorable à une baisse de consommation globale et satisfaisant toutes les parties.

Voltalis souhaite faire appel de la décision de la CRE sans attendre les conclusions de ce groupe de travail car ce délai permettrait aux fournisseurs d'énergie de développer leur propre technologie d'effacement.

Cette affaire montre aussi du système énergétique dans une société capitaliste. Pour satisfaire aux nécessités environnementales, on doit demander à des acteurs économiques de vendre moins pour polluer moins :

  • soit on reste dans une perspective de croissance des revenus des fournisseurs d'énergie et pour arriver à une baisse de la consommation il faudra augmenter proportionnellement le prix de l'énergie. On voit avec la demande d'EDF d'augmenter ses tarifs que c'est encore mal accepté socialement.
  • soit on souhaite réduire la consommation tout en limitant la hausse du prix de l'énergie. Dans ce cas, il reste à trouver d'autres leviers que le prix d'achat pour faire baisser la consomation (quotas par exemple) et il faudra trouver des moyens de faire accepter aux fournisseurs d'énergie une baisse de leurs revenus (nationalisation par exemple).

Chronique sans carbone

Un site d'information intéressant : Chronique sans carbone. Un journaliste part faire des reportages sur l'environnement et pour être cohérent avec la logique de ses reportages essaie de limiter les émissions générées pour les besoins du reportage. Ses transports se font donc en vélo électrique pour les petites distances et en train pour les plus grandes distances. Il dort dans une tente plutôt qu'à l'hôtel, etc.

Je trouve le site intéressant pour la réflexion sur l'impact des journalistes sur le sujet de leur reportage : ici dans le cadre de l'environnement mais on sait que de manière générale les gens n'adoptent pas le même comportement s'ils se savent filmés. De même je pense que les politiques seraient bien plus crédibles en prenant des mesures pour réduire l'impact environnemental des grandes conférences internationales sur l'environnement comme celle qui se tiendra bientôt à Copenhague. L'impact environnemental réel généré par ce genre de sommet est minuscule mais il a une valeur symbolique qui peut être très forte et participer à l'adhésion ou au rejet de mesures qui elles auront un impact environnemental beaucoup plus fort.

Pour revenir au site « Chronique sans carbone », ce projet m'a permis de découvrir le fournisseur d'énergie Enercoop qui fait parti des partenaires. Ce fournisseur d'énergie se distingue des autres fournisseurs sur plusieurs points :

  • il est géré sous forme de coopérative à laquelle chacun peut adhérer et où chacun peut participer aux décisions prises ;
  • l'énergie produite est entièrement issue d'énergies renouvelables ;
  • l'ensemble des bénéfices générés est réinvesti pour développer ces énergies renouvelables ;
  • il part du principe que l'énergie la plus écologique est celle qui n'est pas consommée et adopte la démarche Négawatt.
Je vais regarder ça de plus près, je serais très intéressé pour adhérer à ce fournisseur d'énergie alternatif.

vendredi 31 juillet 2009

Le cintre écologique

Dans les petits objets de tous les jours auxquels on ne pense pas, il y a les cintres. Comme tous les objets de consommation ils générent des nuisances à la consommation puis des déchets en fin de vie.

La société Greenhook a donc créé un cintre en carton recyclable et biodégradable. C'est intéressant mais pour l'instant ils ne visent que le marché professionnel. Je n'ai pas encore fait de recherches mais on doit pouvoir trouver des modèles sur internet pour en fabriquer soi-même même s'ils seront sûrement plus basiques et moins solides.

En tout cas, le carton est un matériaux certainement sous-utilisé et j'aimerais prochainement m'intéresser de plus près aux meubles en carton. Je ne m'y mettrai sérieusement que pour mon prochain déménagement donc j'ai encore un peu de temps.

Bijoux en bois

Je suis tombé sur un site qui vend des bijoux en bois. A priori, des bijoux ne peuvent être qualifiés d'écologiques par le simple fait qu'ils sont en bois (certains types de bois sont menacés, sur-exploités, le bois peut être importés et donc générer de la pollution liée au transport, le bois peut ensuite être traité, etc.). Ici, la page de présentation du site nous en dit un peu plus et c'est intéressant :

Tout d'abord Bijouxenbois est une association loi de 1901 à but non lucratif qui a pour objectif d'aider financièrement d'autres associations dans les domaines de la défense des animaux , protection des espèces et protection de l'environnement.
Tous les bijoux vendus par Bijouxenbois sont fabriqués à partir de bois mort provenant de forêts environnantes ( pas de transports polluants ) ainsi que de coupes de printemps de vergers d'amis.
La fabrication des bijoux Bijouxenbois ne nécessite aucun abattage d'arbres, le bois étant ramassé en forêt .
[...] Les bijoux sont traités avec une huile végétale pour ce qui est de la finition.

Ce site part donc dans une vrai démarche artisanale et écologique. Les prix me paraissent vraiment abordables et les bijoux sont tous des pièces uniques faites sur-mesure. À retenir comme idée cadeau.

lundi 27 juillet 2009

Éco-citoyen à vous d'agir

J'ai lu le livre "éco-citoyen à vous d'agir" de Lionelle Nugon-Baudon. Quand on s'intéresse de près à l'écologie, on n'apprend pas grand chose niveau conseils mais il fait un tour d'horizon très complet de tous nos moyens d'agir au quotidien. L'état des lieux de l'état de la planète est aussi plutôt bien fait avec beaucoup de chiffres intéressants. Un bon livre dans l'ensemble : clair, facile et agréable à lire.

Comme toujours, on peut discuter quelques points, en approfondir d'autres, etc.

Point d'approfondissement, le livre aborde le problème de l'eau grise, c'est à dire l'eau que l'on consomme indirectement car elle entre dans le processus de fabrication des différents objets que l'on consomme. Le livre donne l'exemple du PET qui est le plastique utilisé pour les bouteilles d'eau. Pour produire 1kg de PET, il faut 18 litres d'eau. D'après l'ADEME, une bouteille plastique de 1,5L pèse 36g. On peut donc en conclure que pour chaque bouteille d'eau de 1,5L, on consomme indirectement 0,650L d'eau pour fabriquer la bouteille (bouteille qui peut représenter jusqu'à 80% du prix...). Si on prend aussi en compte le transport, on comprends vite pourquoi le même rapport de l'ADEME indique que l'eau en bouteille a un bilan carbone 100 à 1000 fois plus important que l'eau du robinet.

Point de discussion, l'auteur note quelques fausses bonnes idées :

« Si vous ne voulez pas faire vos courses à vélo, commandez par Internet afin de ne pas utiliser votre voiture. » Pourquoi ? Le camion de livraison roulerait-il à l'eau claire ?

Je comprends l'idée de l'auteur selon laquelle il ne faut pas substituer un trajet par un autre du genre « tu viens chez moi comme ça je ne prends pas ma voiture, c'est écolo ». Dans le cas des livraisons de courses par Internet, je pense que c'est quand même intéressant d'un point de vue écologique pour deux raisons :

  • si chacun prend sa voiture chaque personne va faire le trajet domicile-magasin alors que le camion de livraison mutualise et optimise les trajets. Il ne rentre pas au magasin entre chaque livraison mais va livrer toutes les personnes d'une même zone d'un coup. Le total kilométrique est donc inférieur. C'est comme pour les transports en commun, si vous êtes seul à prendre le train, ça n'est pas du tout intéressant par rapport à la voiture mais plus il y a de personnes plus le bilan carbone par personne diminue et à partir d'un certain seuil les transports en commun deviennent beaucoup plus rentables que les transports individuels. Plus le nombre de personnes qui se feront livrer leurs courses sera important plus ce système sera intéressant écologiquement.
  • j'y reviendrai plus longuement dans un prochain billet mais la voiture crée une dépendance et un trajet voiture en entraine généralement un autre. Si je prends mon exemple personnel, les trois dernières semaines, j'ai effectué tous mes trajets à vélo sauf un jour par semaine où j'ai été faire mes courses en voiture. Ce jour là, j'ai non-seulement été faire mes courses mais j'ai aussi été au travail en voiture pour pouvoir aller faire mes courses en sortant. Dans ce cas, le fait de prendre la voiture ne se résume pas à un trajet domicile-magasin mais il se solde par un trajet domicile-travail-magasin-domicile qui est bien plus long. Si j'avais fait livrer mes courses par Internet, je n'aurais pas pris la voiture une fois en trois semaines. En poussant le raisonnement plus loin, on peut imaginer que je n'ai plus besoin de voiture du tout et que je puisse m'en séparer. Le fait de ne plus avoir de voiture m'obligerait à utiliser la livraison pour d'autres types de courses occasionnelles et donc à mutualiser encore plus les transports de marchandises.

samedi 18 juillet 2009

L'impact environnemental des emballages pour liquides alimentaires

Le site autourdubio proposait en avril 2008 un article sur l'impact environnemental des emballages pour liquides alimentaires suite à une étude commandée par Tetra Pack. Évidemment, il ressort de cette étude que les briques carton Tetra Pack sont de loin l'emballage le plus respectueux de l'environnement comparé à des bouteilles plastique ou à des bouteilles en verre.

L'étude est intéressante mais il est dommage qu'elle soit commandée par un acteur parti-prenante de l'évaluation. On peut donc craindre fortement une orientation de l'étude. Il serait intéressant de pouvoir comparer avec une étude commandée par un autre acteur pour voir sur quel levier joue chacune des compagnies pour se mettre en avant.

On peut par exemple critiquer le fait que l'étude considère que le bois utilisé dans les briques carton (75% de la brique) est entièrement renouvelé alors que seulement 30% des forêts exploitées par Tetra Pack sont certifiées FSC. Si les approximations s'arrêtent là, elles ne remettent pas en cause le fond de l'étude mais donnent simplement des axes d'amélioration pour l'emballage carton.

En tout cas, il ressort de cette étude que Tetra Pack s'engage clairement dans une logique éco-responsable notamment par des partenariats avec le WWF et des objectifs chiffrés d'amélioration de ses processus à court terme. C'est très positif et mérite d'être noté.

Personnellement, je ne remets pas en cause le fait que l'emballage carton soit actuellement plus respectueux de l'environnement que l'emballage verre pour les liquides alimentaires. Ce qui me gêne à la base, c'est le fait de devoir produire autant d'emballages. Ce que j'aimerais savoir et qui m'intéresse fortement, c'est quelle serait l'empreinte écologique du verre si on n'évaluait pas un cycle de vie basé sur le recyclage mais sur la consigne (disons au même taux, 70 à 75%). Le bilan énergétique du verre est lourd à cause de l'énergie nécessaire à sa fabrication (et dans une moindre mesure à son recyclage) mais un système efficace de consigne réduirait drastiquement la quantité de verre fabriquée au profit d'une très forte réutilisation des emballages existants. Le verre a-t-il un potentiel écologique plus fort que le carton si on change nos comportements ? Quels seraient les obstacles à la mise en place d'un système de consignes basé sur les emballages cartons ?

vendredi 17 juillet 2009

Petite sélection de sites liés à l'écologie et au développement durable.

J'ai découvert récemment plusieurs sites liés à l'écologie qui m'ont l'air intéressants :

  • quotidiendurable est le blog personnel d'Olivier Demaegdt sur le développement durable. Le site rassemble des info et des expériences personnelles mais se veut aussi un lieu d'échange et de réflexion avec la publication de certains courriers des lecteurs et les commentaires qui se transforment parfois en forum.
  • ecolo-info est un site collaboratif d'information sur l'écologie et le développement durable dont Olivier du blog précédent est un des contributeurs. Les articles ont l'air assez recherchés. J'y ai déjà trouvé plusieurs informations très intéressantes.
  • le réseau francophone des associations écologiques tente de recenser toutes les associations écologiques françaises. Il permet donc aux personnes désireuses de s'investir dans une association de découvrir celles qui sont à proximité. Il permet aussi aux associations de communiquer sur leurs projets, de faire des appels à bénévoles ou de proposer des emplois. Le site a l'air tout récent, la partie emploi est en travaux et il est dommage que la recherche des associations se fasse uniquement par ville et pas par département ce qui éviterait de faire autant de recherches qu'il y a de villes à proximité de chez soi. Je vais leur soumettre cette idée dès que possible. En tout cas, je garde un œil sur ce site prométeur.
  • Vedura le portail du développement durable a l'air de proposer beaucoup de choses. Je n'ai pas encore eu le temps d'explorer le site mais la partie actualité a déjà l'air bien fournie et actualisée. Je me pencherai donc sur le reste dès que possible.
  • Un blog proposant un truc par jour en faveur de l'écologie et du développement durable. Les billets sont très courts, ce sont juste des petits trucs. Certains mériteraient certainement d'être plus développés. J'ai l'impression qu'il faut faire le tri, je ne suis pas d'accord avec tout ce qui se dit mais j'ai déjà relevé quelques bonnes astuces. Le concept m'intéresse car c'est un peu ce que j'aimerais faire en publiant sur ce blog mes petits gestes au quotidien pour un monde meilleur.
  • autour du bio est un autre site d'actualité sur l'écologie et fait la promotion des produits bio de différents partenaires commerciaux. Ce qui me parait original, c'est le fait que les partenaires en question soient pour la plupart des boutiques physiques et non des sites de vente par correspondance.
Ça va me faire pas mal de lecture tout ça, d'autant plus que chaque site propose toute une série de liens vers d'autres sites. Je ne suis qu'au tout début de mon exploration écolo de la toile.

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